S’il est un peintre qui ne chôme pas, toujours en chantier d’exposition, ou déjà sur les cimaises, c’est bien Jean-Pierre Dulucq. Artiste orfèvre en dessin et couleurs ne craignant pas de s’attaquer à des sujets déjà rangés dans l’histoire de l’art mais que lui, regard gourmand et main lutine, détache des murs, sort des coffres, arrache des livres pour en faire des êtres et des questions d’aujourd’hui. Ses tableaux sont autant d’offrandes sensuelles, facétieuses, joyeuses pour aider le spectateur à résister à l’intranquillité de l’actualité et d’un demain peut-être grinçant. Tout son art Dulucq le met au service d’une (re)conquête de la joie de vivre, qu’il ne peut concevoir que conviviale. Il aime la rue, et les gens. Les arbres, les bords de mer et les plages féminines. Dulucq est un séducteur. Sa force de frappe est sa discrétion. Sa façon de ne pas être là, tout en y étant. Joueur, sans doute mais jamais distrait. Ses tableaux ne pêchent par aucun défaut de construction. Aucune touche maladroite ne vient y pester contre l’harmonie. Aucun faux air de prétention n’émane d’eux. Ce  travailleur enthousiaste et plein d’humilité des représentations est d’abord, et avant tout, un humaniste. Un humaniste plus rare, quil a le souci de la félicité visuelle du public. Ce public, d’ailleurs, le suit partout où il se manifeste. Les grands lieux ne l’intimident pas et les moindres, il ne juge pas indécent de les accepter. Ce n’est pas le lieu qui fait la valeur de l’artiste mais ce qu’il y donne à voir.